Francuski – français

Misjonarze z Dywanowa in Kwidzyn

Władysław Zdanowicz

LES MISSIONNAIRES DE DIWANIYAH

Ou

Un trouffion polonais en mission en Irak

Roman

Traduit du polonais par Anna Skulik

Quelques pages de l’histoire du peloton mobile de disposition avec l’avertissement que toutes les personnes et les événements décrits ici eurent peu à voir avec la réalité. Ce fut bien, bien pire.

Librairie Zdanowicz

ISBN 978-83-925232-0-8

© Copyright by Księgarnia Zdanowicz Kwidzyn 2007
© Copyright by Władysław Zdanowicz
82-500 Kwidzyn ul. Łąkowa 21
E-mail; ksiegarnia.zdanowicz@pro.onet.pl / WWW.kwidzyn.osdw.pl

La première édition révisée.
Impression et reliure.

LES MISSIONNAIRES DE DIWANIYAH

Ou

Un trouffion polonais en mission en Irak

Roman

Traduit du polonais par Anna Skulik
(ania_skulik@yahoo.fr)

Titre original: Misjonarze z Dywanowa czyli Polski Szwejk na misji w Iraku

Cher lecteur !

Si vous voulez faire part de vos observations, réflexions, suggestions et conclusions suite à la lecture de ce livre, peut-être – qui ne peut pas être exclu, vanter son auteur ce qui serait pour lui agréable ou de le critiquer, ce qui serait même constructif, écrivez à l’adresse :
ksiegarnia.zdanowicz@pro.onet.pl

Imprimé en Pologne
Tous droits réservés- All rights reserved

Première partie
Pinky ou le novice

La plupart des héros de ce roman, les événements racontés et les dialogues sont authentiques donc si nous sommes dans la réalité tout le monde sait que l’armée a toujours utilisé, utilise et continuera d’utiliser un langage primitif et sec connu sous le nom – argot. Cela s’applique à tous les niveaux de commandement. J’utilise ce langage avec préméditation non parce que c’est mon langage favori mais grâce à mon expérience qui me dit que beaucoup de gens exerçant des postes de haute responsabilité utilisent quotidiennement dans leurs propos les mots qui commencent par „Put”…. Et un verbe qui est unique au monde parce que seulement en polonais existe un verbe vulgaire „pier”… qui avec des préfixes appropriés remplace tous les verbes dans cette langue. Sans l’existence de ces mots dans le texte, il ne serait pas possible de comprendre le contenu que je veux faire passer. Alors, si vous avez moins de dix-huit ans, si vous avez une aversion pour ce genre de vocabulaire ou êtes une femme « chaste » – même si je connais quelques personnes qui utilisent cette langue d’une façon magistrale – reposez ce livre sur l’étagère car il n’est pas conçu pour vous.
Enfin, heureusement qu’il existe des gens sachant se servir de leurs organes sexuels masculins et féminins – grâce à cela le soldat sait où il doit aller et ce qu’il lui reste à faire.

Toutes les personnes qui m’ont aidé dans la préparation de cette publication et que je ne cite pas – mes sincères remerciements.

Auteur

Prologue

– Laissons la réflexion aux chevaux ! Ils ont les crânes plus grands que nous et surtout les couilles ! le caporal-chef Piotr Lenczyk marche énervé et regarde en dessous de son képi les deux rangs de recrues immobiles. Il aime cet instant, quand pour la première fois, il transmet aux nouveaux que désormais, une certaine période de leur vie était finie. Les soldats sauront en mesure de prendre une décision consciente de ce qu’ils voudront faire dans l’avenir après être sorti de l’armée. Bien sûr, cela ne concerne pas toutes les recrues. Beaucoup d’entre elles ne grandiront jamais assez afin d’essayer de changer quelque chose dans leur vie ou de suivre leur propre chemin. Le caporal n’en a aucun doute et c’est probablement en raison de cette prise de conscience qu’il marche en colère, le visage sombre et regarde de temps à autre du côté de trois caporaux qui se tiennent debout avec discipline et attendent qu’il leur permette de conduire les nouveaux à la caserne pour la première véritable rencontre avec l’armée. Dans ses pensées il sourit en se rappelant sa première impression. C’est ni la même époque ni les mêmes troupes. Il n’y avait pas les stupides neuf mois comme maintenant mais deux ans entier avec les caporaux qui ne disposaient pas de ce qu’on recherche aujourd’hui. Bornés dans leurs puissantes théories, consacrés à la tradition et convaincus qu’on devait d’abord briser quelqu’un pour ensuite le former de nouveau. Parfois, on dépassait les limites, bien dommage car il y avait toujours quelqu’un qui craquait… Maintenant dans l’armée il se produit des choses dont on ne doit pas avoir connaissance. Le caporal est personnellement opposé à tout abus. Il veille à ce que ses caporaux comprennent à l’avance que si jamais ils exagèrent, ils auront affaire à lui qui ne les traiterait pas comme un éventuel avocat militaire. D’autre part, le premier contact avec les recrues a encore une justification grâce à l’expérience récente, lorsque WKU a envoyé à l’unité une recrue avec la jambe gauche plus courte que la droite de trois centimètres, de surcroît un diabétique – ce qui avait failli lui coûter la vie au cours de l’entraînement matinal très intensif. Ou encore, un jeune volontaire appelé simultanément aux deux vocations : l’une pour le service militaire et l’autre pour la prison due au vol à main armée. A sa place, le caporal aurait également choisi l’armée mais heureusement, a remarqué relativement tôt « les tatouages » sur sa peau. Tout récemment, pendant l’éternel : « En avant, marche ! Couchez-vous ! Debout ! A plat ventre ! » il remarque que l’une des recrues avait de gros problèmes avec la mise en œuvre de simples activités physiques. La raison s’est avérée prosaïque : une tige dans la jambe gauche qu’on lui avait mise après un accident de moto. C’est un miracle que personne de WKU n’ait rien remarqué ! La recrue avait dit l’avoir mentionné dans le rapport pour la commission. Toutefois, le médecin avait déclaré que cela ne le dispensait pas du service sur un poste bien déterminé du magasinier qui n’avait pas à courir et à participer aux exercices. Personne n’y ajoutait foi.
– Vous êtes maintenant dans l’armée. Ici toutes les tentatives d’utiliser la cervelle sont déconseillées, même nuisibles! hurle-t-il en les regardant attentivement, pigé ?
Un certain nombre de recrues, tout d’abord, retient son souffle. Ensuite, les soldats se regardaient en se demandant s’ils ont le droit de répondre à la question. Puisque le silence se prolonge certains en concluent qu’ils doivent prendre l’initiative.
– Ouais… Monsieur caporal-chef….caporal-chef, répond maladroitement une des recrues.
Il sourit car les classes suivantes commettent toujours la même erreur. Ce n’est pas l’école pour discuter ou échanger des idées. Mais d’où cette bande de béjaunes rasés saura de quoi s’agit-il ?! La boule à zéro, la bousculade incessante par les cris, l’exigence et l’obligation de faire tout à l’heure et précipitamment, ceci semblait toujours porter ses fruits.
Ensuite, le groupe devient confus et se plie facilement devant celui qui donne les ordres. Les soldats sentent en lui un chef et n’ont pas à prendre des décisions. Maintenant, il est nécessaire de trouver uniquement ceux qui ne se laissent pas influencer par l’atmosphère générale et de trouver une raison rationnelle d’un tel comportement. Lenczyk préfère que ce soit les gens pour qui l’ambiance et la vie dans l’armée convenaient bien plutôt que ceux qui en civile appartenaient à des groupes encore pires et n’avaient pas l’intention d’être ici une matière à former.
– Qui vous a autorisé à prendre la parole ? J’ai donné l’ordre de parler ?! Je n’ai pas donné d’ordre donc asseyez-vous et attendez jusqu’à ce que je vous permette de parler ! Si je veux qu’une mollette dise un mot je lui demanderai en personne !
– J’ai envie de brimer les bleus, chuchote caporal Jasinski à ses collègues. Il n’a pas du tout l’air gêné en présence d’un supérieur. Il parle suffisamment fort pour que tout le monde l’entende, même Lenczyk. Il se rend compte que le caporal-chef qui contrôle les nouveaux ne tolère pas de tels incidents. Quelques jours avant son départ de l’unité, il ne voyait pas de raison pour se retenir. Il se sentait à l’aise et n’avait pas l’intention de le cacher.
– On va les bizuter „non-stop”, éclate-t-il de rire tout bas.
Il veut que les nouveaux voient qu’il n’est pas un cabot ordinaire et qu’ils ont intérêt d’avoir peur de lui sinon il leur parle en privé.
Les deux rangs demeurent immobiles comme s’ils ne faisaient pas attention au comportement du caporal. Lenczyk a tenu un long moment de silence et souriait d’une manière inattendue aux recrues qui croient déjà qu’il n’est capable d’aucune impulsion humaine.
– Je vois que pour qu’on ait un bon départ je dois vous éduquer un peu donc maintenant quelques phrases sur ce que vous attend ici. Ecoutez attentivement parce que je ne vais pas le répéter. Il se met en face des deux rangs des recrues. En se balançant sur ses chaussures, commence à parler avec la voix légèrement basse mais assez forte pour que tout le monde entende ce qu’il a à dire, Vous êtes maintenant dans l’armée et être soldat signifie… Ne pas penser ! A partir de ce moment-là, c’est le sous-officier qui réfléchit à votre place. Plus vite vous le comprendrez mieux sera pour vous, pour le peloton et l’ensemble de l’armée. Lorsqu’un sous-officier prétend que les arbres derrière vous ne sont pas verts mais blancs, c’est que ces arbres sont de couleur blanche, fin de discussion. Celui qui ne comprend pas ce simple fait sera « dans la merde », particulièrement vis-à-vis de moi et d’autres sous-officiers. Et être « dans la merde » veut dire pas de permission, service hors l’ordre et d’autres cas embêtants dont vous vous rendrez compte bientôt. Alors, même si vous avez fini cinq facultés ou vous possédez un taux de QI très élevé fermez-la. Ici, nous sommes dans l’armée, non dans une école ! Alors il faut exécuter les ordres, au lieu de faire usage de la tête et de ce qu’il y a à l’intérieur ! L’école ne vous a pas appris à faire cela mais je vous donne ma parole qu’ici vous allez le maîtriser d’une façon satisfaisante. Il s’est arrêté un instant, a pris l’air en faisant semblant de ne pas voir les regards irrités des caporaux qu’il de cette façon, prive de leurs phrases favorites, qui sensibilisent les jeunes soldats sur la façon de se comporter pendant les neufs prochains mois.
– Je réduis vos prochains projets aux activités suivantes : réveils, lits, rangements, nourriture et entraînement. A cela s’ajoute un peu d’exercices physiques et l’augmentation de coordination des mouvements qui n’ont encore fait de mal à personne. Et ce sera comme ça jusqu’au soir. Après vous êtes libres ! Ensuite, il y a le couvre-feu et vous dormez avec les mains sur la couette. Je tiens à rappeler que vous faites tout ceci à la demande de vos collègues supérieurs, il indique avec sa tête les caporaux qui se tenaient débout. Soudain, il remarque que l’un d’eux fume une cigarette bien qu’il ait déjà attiré attention sur l’inconvenance d’un tel comportement. Eh bien, le caporal sait qu’il a à lui parler avant de partir pour le remettre à sa place. Les caporaux étaient informés de son prochain départ en mission. Ceci a provoqué que certains se sentaient trop sûrs d’eux en sa présence. Mais en attendant il est encore là et n’a pas l’intention de laisser cette affaire irrésolue.
– Collègues, ce terme est peut-être inapproprié parce que je vous donne ma parole que vous allez les détester mais chaque ordre doit être exécuté et ceci dès que possible et rapidement. J’espère que le peloton appartenait aux scouts et que vous aimez vous promener et chanter. Sinon vous l’apprendrez rapidement.
Quelques personnes, dans les deux rangs, sourient avec incertitude ce qu’il a remarqué tout de suite. Il attendait ce moment car il faut seulement un prétexte pour voir si on n’a pas encore envoyé quelqu’un avec la motricité en difficulté.
– Je vois que nous avons quelques volontaires pour aller se promener avec des chants à la bouche ! Si vous en voulez, je vous en prie, il fait marche arrière et avec un mouvement de la main appelle l’un des caporaux. Le hasard a fait en sorte que ce soit celui avec la cigarette cachée dans sa main (ou peut-être ce n’était pas une coïncidence) parce qu’en même temps Lenczyk a pris soin que celui-là ne la fasse pas tomber par terre. Maintenant le caporal sentait que son intérieur de la main brûle légèrement.
– Peloton ! A mon commandement ! le caporal reste vigilent et sait tout de suite ce qu’il doit faire, couchez-vous !
Il était difficile appeler ça ”coucher”… C’est plutôt une tentative de se poser doucement sur le sol. Le second rang prend soin pour ne pas être touché par les chaussures de ses prédécesseurs. Bref, la réalisation d’un simple ordre est caricaturale mais il a remarqué également quelques uns qui l’ont fait correctement et rapidement. C’est précisément ces bons points auxquels il tient. Il faut seulement vérifier si ceci est accidentel ou délibéré.
– Débout ! l’exécution ne l’émerveille pas, Couchez-vous ! Débout ! Couchez-vous ! Débout ! Couchez-vous ! Débout ! En avant, marche ! La consternation ne s’est fait pas attendre car tous n’ont pas compris correctement. Mais après, en suivant ceux qui ont compris, les deux rangs marchaient sur place en essayant de le faire simultanément dans la mesure du possible. Cette méthode est interdite mais l’homme est capable de tout afin de vérifier à qu’il a affaire.
– Bougez-vous ! Doux Jésus, caporal-chef….le caporal tourne vers lui avec une grimace désespérée, cette bande de couillons ce sont probablement les pires nullards qu’on n’ait jamais eu dans l’armée !
– Leszczynski, assez de commentaires, lui coupe Lenczyk en observant attentivement les recrues, vous savez ce que vous avez à faire ? Le caporal était mécontent de se faire réprimander devant tout le monde.
– Peloton ! Couchez-vous ! Debout ! Couchez-vous ! Debout ! Couchez-vous ! Debout !
– Je veux vous dire que ma grand-mère avant sa mort le faisait cent fois mieux et plus rapidement que vous ! commente-t-il leurs vaines tentatives et sourit ironiquement. En même temps, il a donné un signe au caporal qu’il arrête ce spectacle. Ce qu’il voulait voir il l’a déjà vu.
– Peloton ! Garde-à-vous ! Il fait un tour devant la section en observant avec attention leur comportement et sent que les soldats l’observent aussi. Il n’a rien à se reprocher. Il n’était pas de grande taille mais costaud et en excellente forme physique ce qu’on pouvait voir en dépit de son uniforme, ses cheveux coupés court et la voix nasillarde. On voyait des lunettes de soleil dans sa poche de poitrine ce qui n’était pas entièrement compatible avec le règlement mais de tels goûts régnaient maintenant dans l’armée. De plus, il n’est pas contre l’introduction d’innovations, par exemple, copier à partir de l’Ouest le chevron, une sorte de badge avec le nom que tout le monde doit porter sur la poche droite. C’était une bonne idée parce qu’on pouvait savoir immédiatement qui était devant nous. D’autre part, des mêmes raisons on les appelait « dénonciateurs » parce qu’ils trahissaient aussitôt l’identité.
– Et pour l’avenir pour que vous sachiez de quoi s’agit-il. Les ordres A terre ! Et Debout ! Vous devez les effectuer en même temps ! Si on claque les doits c’est  à terre, on claque une deuxième fois c’est debout ! Et ça ne peut pas être un bruit bizarre comme pendant que vous chiez dans vos chiots familiaux. Vous êtes l’armée et cela signifie un organisme alors je veux entendre un seul son. Pigé ? Les caporaux feront en sorte pour que vous maitrisiez cette compétence à merveille. Et retournons à nos moutons : si encore quelqu’un sourit sans ordre il le fera pendant un quart d’heure dans un masque à gaz. Sur quoi je viens de parler ? Ah oui! Si quelqu’un vous a dit dans votre ancienne vie civile que le sous-officier dans l’armée est comme un père ou une mère à la maison… Il vous a eu putain ! Je ne vais nettoyer le cul ni sécher les larmes à aucun fumier ! Je ne suis pas ici pour prendre soin de vous mais pour faire de vous des hommes et comment je vais le faire c’est mon problème. Pour que tout soit clair dès le départ, la démocratie et d’autres conneries qu’on vous a enseignées à l’école en ma présence ne s’appliquent pas. Si une mule veut aller se plaindre au con… hum monsieur officier il fera mieux de demander immédiatement le changement d’unité mais sur l’autre bout de …hum ce pays. Ici il n’y a de temps ni pour la réflexion ni pour la discussion, ici de votre vie décide…
Il s’approche d’un soldat le plus proche qu’il a remarqué auparavant.
– Alors, soldat… celui-là manifestement n’avait pas de badge pour le moment donc le caporal ne pouvait l’appeler par son nom. Qu’est-ce que vous en penser ? Qui décide-t-il ? Le questionné qui se tenait debout d’une façon exemplaire, retient son souffle et jette après un moment de réflexion :
– Vous, caporal-chef ?!
– Tu calcules bien et tu gagnes de bons points, déclare Lenczyk et passe au suivant, mais ce n’est pas une bonne réponse ! Et vous, soldat ? Qu’en pensez-vous ?
– Ooooooficier ? balbutie le second en bégayant et faisant des grimaces qui exprimaient la frustration, mon….Monsieur capo…. caporal-chef.
– Oh put… il était incapable de cacher la stupéfaction. Il était presque sûr de tomber sur un bon candidat pour un sous-officier qu’il voulait envoyer à la crèche, une mauvaise surprise, Vous êtes comme ça tous les jours ou seulement aujourd’hui  pour m’emmerder ?
– Je déc…., déclare que seulement qua… quand je sui…. suis stressé.
Le caporal-chef s’arrête un moment devant lui en l’observant de plus près.
– Vous l’avez dit à la commission de recrutement ?
– Je déc… déclare que per… personne n’a demandé.
– Ouais, il savait d’expérience que les commissions n’étaient pas trop scrupuleuses. Si quelqu’un était doté de deux jambes et de deux mains il avait une énorme chance de sortir avec une catégorie A et laissons les autres s’inquiéter plus tard à l’unité. La commission fait son devoir d’envoyer „du matériel” donc elle est couverte, Vous êtes du recrutement?
– Non, monsieur cap… cap… caporal-chef. Moiiiii, il s’est tut en voyant le mouvement de la main du caporal-chef qui l’observait avec beaucoup d’attention. Ce bégayement était ennuyeux comme si artificiel et délibéré et c’était la raison que les autres recrues commençaient à se sentir plus à l’aise. Ils se sont même permis une petite plaisanterie à ce sujet et ceci était intolérable, surtout fait intentionnellement.
– E! Écoute… il s’est approché assez près pour l’attraper par le bouton de son blouson, ça te faire rire? Tu as commis la plus grosse erreur de ta vie, il remarque un mouvement inattendu au deuxième rang où se tenaient debout les soldats plus petits. C’est inacceptable et il faut réagir immédiatement.
– Est-ce que j’ai dit „repos”?
– Caporal-chef! Soldat Jastron pour l’explication, sonne d’endroit du chaos. Il a une voix forte, catégorique et pleine de convictions. En plus, c’est un des soldats sur qui il a fait attention auparavant et qui n’a l’air ni stressé ni énervé.
– Devant!
Le soldat essayait de sortir devant le rang. Le mot „essayer” est exact pour décrire ce qu’il envisageait de faire. Selon le règlement, cela devrait se passer de la façon suivante:
Le soldat au deuxième rang touche le bras du soldat devant lui. A son tour, celui-ci fait un pas devant, rapproche son autre pied, une seconde après, il fait un pas à gauche (toujours à gauche), il joint son deuxième pied et attend jusqu’à ce que le soldat derrière lui fasse deux pas pour sortir devant le rang. Le règlement est une chose mais le soldat au premier rang ne pensait pas faire un seul mouvement de son corps. Il est difficile de dire s’il se sente stressé ou il le fasse exprès. Le soldat qui doit sortir touche une fois celui qui est devant lui, ensuite, une deuxième fois, un peu plus fort, finalement, il pousse le soldat et sort devant le rang en attendant en silence que le caporal-chef approche.
– Alors… caporal-chef s’arrête devant celui qui ne bouge pas pour laisser passer et fait un mouvement de main devant son nez, je crois que tu seras dans la merde ou tu voleras plus vite qu’un avion de chasse dans le ciel. Avant le dîner, tu dois maîtriser la manœuvre de laisser passer ton collègue du deuxième rang et ceci à la façon d’un pas défilé. Pigé?!
Le demandé tourne sa tête comme s’il essayait de comprendre ce que l’autre lui dit.
– Caporal-chef, je déclare que je n’entends rien sur l’oreille droite et ce serait gentil si vous le répétiez de l’autre côte.
Les mots „gentil”, „répéter” sont dans l’armée des termes ridicules.
– Quooooiiii? Tu veux dire que t’es sourd?! Le caporal-chef ne cachait pas sa stupeur. Il a été totalement surpris mais involontairement s’est déplacé de l’autre côté.
– Je ne suis pas gentil!!! hurle-t-il de toutes ses forces.
Qu’est ce qu’elle a ton oreille?
– Je déclare que je porte depuis ma naissance un appareil auditif, mais le caporal… il indique avec le mouvement de la main l’un des caporaux furieux, il m’a dit de foutre… de jeter… corrige-t-il rapidement, les piles de la radio et d’enlever ces foutus écouteurs si je veux survivre jusqu’au serment.
Le caporal-chef se maitrise à peine, tourne la tête et regarde ses caporaux en se demandant qui est si malin, il l’a reconnu immédiatement.
– Vous deux! il indique le fumeur et l’autre à côte de lui, un gaillard, rouge sur le visage. Chez moi dans deux heures ! et de nouveau retourne devant le militaire et essaie de prononcer les mots à voix haute lentement mais sans forcer sa gorge, Ton audition, vous l’avez rapportée à la commission?
– Je n’ai pas pu caporal-chef. Dès l’entrée, ils m’ont engueulé que je viens à la commission et j’écoute de la merde. Quand j’ai voulu montrer les papiers concernant l’appareil auditif au président de la commission il m’a dit de le mettre dans mon cul, ça veut dire là où je pense parce que là où je vais je pourrai écouter de la radio mais seulement la nuit.
– Je n’en reviens pas et je dois y croire?
– Je déclare que c’était le cas, assure le soldat. J’ai dit que j’entends mal à l’oreille droite mais le capitaine a dit que ça tombe bien parce que je n’aurai pas besoin de mettre le bouchon lors des tirs. En tout cas j’ai ma deuxième oreille et les ordres sont prononcés forts donc il ne voit pas d’inconvénients pour servir la patrie. Ensuite, il m’a dit de sortir sinon il pourra me mettre dans une unité bien pire. Alors, je ne voulais pas me disputer avec un con.
Le caporal le fait taire. Il ne pouvait pas le laisser insulter les supérieurs, Vous avez un certificat médical?
– Oui caporal-chef. Je voulais le montrer au caporal mais il a dit que je peux le mettre aux chiots. Il n’en était pas intéressé.
– A partir de demain il le sera, déclare brièvement Lenczyk en se retenant d’injures, Maintenant, allez au bureau de la compagnie. Prenez vos affaires et enregistrez-vous chez le médecin avec vos papiers. Seulement, mets ta radio parce que tu n’entendras rien et ils vont te reconduire me voir. Pigé?
– A vos ordres caporal-chef, le tremblement dans sa voix était perçu par tous mais il a confirmé fort qu’il a compris l’ordre sans regarder le caporal-chef, ce qui est facile vu qu’il est plus grand d’une tête et selon le règlement regarde devant lui et non dans les yeux.
– Zwierowicz! Le caporal rouge sur le visage s’est mit immédiatement devant Lenczyk, Vous irez avec lui pour vous assurer que le médecin comprenne ce qui se passe. Profitez de l’occasion, et demandez lui de vous laver les oreilles, peut-être vous commencerez à…. penser, finit-il, Exécution!
– Oui monsieur! Le caporal n’avait pas l’air heureux mais le caporal-chef ne s’intéressait plus à lui car il a attiré son attention sur une recrue se tenant debout devant le rang. Il a du reconnaître qu’il se remarquait positivement en comparaison avec les autres. Il a l’uniforme bien ajusté, ses chaussures brillent, même le képi est bien mit. Ses cheveux sont coupés selon la norme sans intervention de coiffeur militaire qui rase la tête avec une tendeuse et rien d’autre ne l’intéresse. On voyait qu’il a une idée sur l’armée et vient ici préparé respectivement.
– Alors.., soldat Jastron, il a fait comprendre à tous qu’il a mémorisé son nom, par conséquent, celui gagne un point positif, expliquez…
– Caporal-chef! La recrue bombe légèrement la poitrine pour souligner qu’il exécute l’ordre de son responsable, Moi et Janek… recrue Krawczuk, il indique avec le mouvement de la tête le bègue. On vient de la même ville, on allait même à l’école ensemble et il bégaie vraiment depuis qu’il est petit.
– Ami ou collègue?
La lèvre de la recrue tremble légèrement et il commence à réfléchir s’il avait bien fait de se mettre en avant.
– Ami c’est exagéré caporal-chef, un collègue tout simplement. On a été à deux à la commission et on nous a mis ici ensemble. Nous sommes des volontaires, monsieur.
– Des volontaires? s’étonne le caporal-chef, il en y a encore dans ce pays?
La recrue soupire lourdement en insultant, dans ses pensées, pour l’initiative précaire prise probablement à contretemps mais il ne lui reste qu’à continuer.
– Je ne sais pas ce qu’il y en a pour les autres mais, nous avec la recrue Krawczuk, on a postule à la commission en tant que volontaires.
– Et pourquoi en tant que volontaires? persiste le caporal-chef en tournant autour de la recrue. Il s’arrête soudainement derrière lui et crie fort. Ne me racontez pas de salades sur la patrie et le devoir!!!
– Oui caporal-chef! Jastron souligne de nouveau le respect pour son interlocuteur en bombant le torse, à vrai dire, chez nous il y a du chômage, deux entreprises à peine et sans connaissances on peut aller à l’église, si encore on la trouve ouverte. L’école n’a jamais été mon endroit préféré donc j’ai fini le lycée, il remarque un regard expressif du reste de l’équipe qui n’aime pas les diplômés des écoles secondaires et précise immédiatement, je n’étais pas un génie donc j’ai voulu faire le service militaire.
– Pourquoi? persévère le caporal-chef.
– Je déclare, caporal-chef, que je vais tenter de devenir un soldat professionnel, il regarde le caporal-chef avec un visible soulagement, content de se débarrasser enfin de ce qu’il, jusqu’à maintenant, cachait profondément au fond de lui.
– Tu es encore plus taré que je ne croyais au début, dit brièvement le caporal-chef en le regardant en dessous de képi, si tu as le bac tu peux tranquillement aller à l’école d’officiers, souligne-t-il.
– Je déclare que je ne veux pas être officier…
– Et pourquoi vous ne voulez pas être officier, Jastron? Lenczyk essayait de marquer avec le ton de la voix son étonnement. Vous ne savez même pas que c’est un plaisir d’être officier dans l’armée. Le service de sept heures à quinze heures, le temps de travail réglementé, un joli uniforme, passer de la pommade aux plus gradés, lécher le cul aux supérieurs, le caporal énumérait un par un les avantages. Si tu veux avoir une promotion assez rapidement, il suffit d’avoir de bonnes relations avec le chef d’état-major, le chapelain, le commandant de la compagnie, sa femme et le reste de la crèche… Après que du plaisir : gueuler sur les sous-officiers que les soldat marchent comme les derniers nazes, la recherche des doubles des douilles, car selon le dernier rapport il s’est avéré qu’il en manquent. Le redressage de l’herbe à l’aide de trouffions parce que le commandant vous casse les couilles donc, il faut dégager sur quelqu’un et avant tout, aucun rattrapage de travaux conceptuels, l’exécution de ces devoirs sur le papier et zéro problème avec les responsables. Autrefois, on recevait un appartement mais maintenant, tu fais la queue derrière le chapelain, les enfants de chœur et d’autres lèches-culs, ajoute-t-il plus calmement en regardant expressivement du côté des caporaux. Ca s’appelle la vie et vous entrez dans la plus grande merde : dans l’armée ! En plus vous le faites volontairement? Et ceci dans notre unité pour des simples lapins sachant que vous serez emmerdés jusqu’au bout de votre existence, C’est ça que vous voulez? s’étonne-il.
– Je déclare que non mais… le soldat coupe étonné de son courage.
– Dans l’armée, Jastron, le mot „mais” n’existe pas! Continuez!
– Je déclare qu’à la maison, chez moi, les temps sont durs et je veux décharger ma famille. Puis, je n’ai ni la tête pour les études ni l’argent et le crédit ne m’intéresse pas. Je suis trop pauvre, remarque-t-il, plus fort, mais je ne cache pas que la commission m’a présenté une telle possibilité.
– Je comprends, dit le caporal-chef mais il ne juge pas la conversation terminée.
– Et tu crois que tu réussiras comme ça dans l’armée en débutant comme un simple trouffion?
– Je ne suis sûr de rien, je ne compte sur rien. Je vais essayer de mériter mon poste d’ADL et ensuite qui vivra verra.
– Tu parles comme un prêtre de l’ambon, résume brièvement le caporal-chef en souriant aux autres sous-officiers qui attendaient ennuyés contre le mur. Ils n’essayaient même pas de participer à la conversation. Vous voulez vous ancrez à l’armée tous les deux ? il désigne le soldat Krawczuk avec un hochement de tête qui, en garde à vous, jette les coups d’œil de son côte et écoute attentivement la discussion. Ne me passe pas de la pommade s’il te plaît, précisa-t-il.
– Je déclare que nos projets sont ainsi.
– Il veut sûrement être le commandant de compagnie, plaisante-t-il désignant avec la tête Krawczuk qui est devenu tout rouge.
– Et toi?
– Je déclare qu’aucun soldant n’est obligé de donner des ordres, souligne calmement Jastron en se sentant de plus en plus sûr de lui. Le soldat Krawczuk est fort et sportif, peu de nous peuvent se mesurer avec lui lors de la course. Dans notre équipe, il se spécialisait dans la cartographie, il s’y exerçait délibérément, aucune arme n’a pas de secrets pour lui. S’il reste dans l’armée, il sera un excellent armurier ou un sous-officier d’un bureau secret.
– Je vois que tu distribues les postes, remarque le caporal-chef, pas trop vite?
– J’ai compris que le caporal-chef me permet de me prononcer personnellement. Je m’excuse.
– Tu as dit quelque chose sur l’équipe, c’est quoi exactement?
– « Combat 6 », Jastron bombe de nouveau devant le caporal-chef.
– Je ne connais pas… dit le caporal-chef jetant des coups d’œil sur les autres recrues. C’est la première fois pendant son service qu’il se permette de parler si longtemps avec une seule recrue. C’est apparemment non-pédagogique. Mais, il s’en fout car dans quelques jours il sera ailleurs et la conversation avec la recrue l’intéresse. Elle n’avait rien en commun avec son expérience antérieure. En plus, il sent que le garçon qui était devant lui pourrait être, dans quelques mois, un excellent sous-officier et à vrai dire il n’était pas contre. En plus, il l’aiderait en l’envoyant à l’école de sous-officiers, Ce Combat ça ne sera pas un groupe paramilitaire? Les scouts à la façon militaire?
– C’est ça, caporal-chef.
– Qui le dirige? Un officier en retraite? demande-t-il ironiquement en réfléchissant, pourquoi, si peu de jeunes avant d’entrer dans l’armée aient quelconque contact avec des groupes de ce genre où ils pourraient obtenir une préparation appropriée. Ça sera pour l’armée une facilité et il vaudrait le coup de dépenser quelques millions par an pour aider tels groupes et par conséquent ne pas les perdre plus tard à l’unité. Autrefois, les militaires en retraite étaient volontairement embauchés dans des écoles pour la sensibilisation militaire. À vrai dire, cela était souvent caricaturale et n’avait rien à voir avec la réalité militaire mais donnait plus ou moins une petite idée. D’ailleurs, si l’enseignant exerçait bien son travail il y avait toujours autour de lui un groupe de jeunes attirés par l’armée et par l’aventure. Pourtant, pour l’aventure il y en avait le moins dans l’armée mais… la jeunesse a cet avantage de savoir mieux et elle a d’autres horizons. Le caporal sourit en se rappelant ses souvenirs.
– Alors? Qui dirige-t-il?
– Le soldat Waclaw Nieprzytulski, notre enseignant, caporal-chef.
Cette réponse l’a surprise. Il s’attendait à tout, par exemple, un sous-officier en retraite qui veut surestimer sa valeur ou jouer à l’armée avec les jeunes. Eventuellement, un ancien sous-officier qui a trop de temps libre et qui n’a pas encore grandi d’un tic militaire. Enfin, un „malade” commando dans un bon sens qui est encore sportif et n’est pas d’accord pour travailler derrière le bureau mais un militaire de rang? Une telle explication n’était pas valable pour lui.
– Tu nous baratine Jastron et on n’aime pas ça, commente-t-il en le regardant dans les yeux.
– Comment un militaire de rang peut-il diriger un groupe?
– Monsieur Waclaw voulait devenir officier. Après avoir déposé ses papiers il s’est inscrit au stage de parachutisme, le soldat fuyait les yeux comme s’il voulait prouver qu’il ne mentait pas. Pendant un des sauts, le parachute s’est mal répandu et il a eu un accident. Les médecins à l’hôpital ont foiré quelque chose et finalement il s’est retrouvé avec une jambe plus courte que l’autre. Suite à son état de santé, la commission a rejeté sa candidature et l’a transféré à la réserve militaire. Il est notre professeur d’éducation physique et le formateur du groupe. En dépit de son handicap personne ne pouvait se mesurer à lui. Mon frère l’aide de temps en temps.
– Bien, le caporal-chef lui coupe la parole avec le mouvement de la main. Assez de ces histoires lamentables sur un handicapé malheureux qui fait des miracles dans une province oubliée. Ton frère est aussi malheureux et frappé à la tête pour courir avec un boiteux dans les buissons et jouer aux soldats?! Il observe comment le visage du soldat changeait, tout d’abord, il y a un moment de méfiance… Quelqu’un osait dire une chose pareille. Ensuite, la colère et la tentative de renoncer au geste qui était claire pour lui. Lenczyk n’a pas aimé ce léger sourire qu’il a remarqué dans ses yeux.
– Oui caporal-chef, il parle fort et très formellement, je confirme que mon frère est aussi malheureux et frappé à la tête!
– Je comprends, Lenczyk sentait inconsciemment qu’il entre tout seul sur le terrain miné mais il ne savait pas comment s’en sortir pour tout adoucir. Il ne voulait blesser personne, ni la recrue ni les gens qui consacraient avec passion leur temps aux jeunes.
La théorie, que la meilleure défense était l’attaque, lui paraissait une bonne solution.
– Alors lui? Il est tombé amoureux et perdu toute logique de penser?! Il observait comment le grimace d’impatience déforme les lèvres de Jastron. Peut-être, il a le pied plat et rêvait de l’armée mais celle-ci l’a laissé tomber?
– Monssssieur caporal-chef, dit soudainement le soldat Krawczuk, en avançant de deux pas. Il eeeest en mm mission au Liban dans les collines de Golan et c’est un soldat heureux.
– Oh… à vrai dire il a envie d’insulter mais il décide que ce n’était pas convenable en ce moment. Cela veut dire qu’il est missionnaire! ajoute-t-il en donnant signe à Krawczuk de regagner son rang.
– Quel est son grade et où stationne-t-il dans le pays? Cette question était destinée à Jastron.
– Je déclare que le frère sert à Jaroslaw. En mission, il sert en tant que militaire de rang.
– Et quel est son grade dans l’unité?
– Je déclare qu’il est…un sourire a brillé, pour un petit moment dans les yeux de Jastron. Mais, il éteint cette lueur du triomphe et garde son visage de pierre, dans l’unité, il est un malheureux frappé à la tête caporal-chef, caporal-chef!
Tous les soldats, dans les deux rangs, qui depuis un bon moment suivaient la discussion, ont éclaté de rire mais se sont tu immédiatement accablés du regard sombre du caporal-chef.
– J’ai donné l’ordre de rire bande de couillons? Vous voulez courir avec des masques à gaz? demande le caporal-chef, il attend jusqu’à ce que les deux rangs se remettent dans la position de garde-à-vous et de nouveau fixe son attention sur Jastron. Tu crois que c’était drôle soldat? Tu te fous de ton responsable?
– Je déclare que ce n’était pas drôle caporal-chef, répond-il en se retenant difficilement de rire, mais j’ai répondu à la question, caporal-chef.
– Premièrement, dans l’armée on n’utilise pas le mot „mais”, lui sonne à côté de l’oreille le caporal-chef qui se retenait également de rire. Deuxièmement, vous rapportez non sur la question mais sur la question posée. Troisièmement, baisse la voix en gardant le visage de pierre et chuchote à l’oreille si doucement que personne à part eux puisse entendre: c’était vraiment drôle et marron. „Un malheureux et frappé à la tête caporal-chef, caporal-chef”. J’aime en toi le fait que tu réfléchisses mais ne dépasses pas certaine limite car les autres ne le verront pas de la même façon que moi. Pigé?
– Oui caporal-chef, assure le soldat, ça ne se reproduira plus.
– J’en suis certain, il regarde Jastron avec attention, alors dites-moi pourquoi vous êtes venus ici et pas à Jaroslaw? Dans l’unité, où il y a votre frère, ça serait plus facile pour vous. En tout cas pour devenir ADL.
– Je déclare que je peux répondre à la question mais seulement en privé, l’étonnement sur le visage du caporal-chef se démarquait trop pour que Jastron continue, Si j’utilise les mots violents de mon frère je peux blesser les croyances religieuses et traditionnelles de tout le monde ici présent et j’aimerais l’éviter.
– Oh ! Tu vas te faire botter le cul. Tu veux dire que nous, il se désigna lui-même et les caporaux visiblement intéressés. Nous avons le vocabulaire plus modeste qu’un gamin de Jaroslaw qui ne s’est pas fait assez dorloté dans l’enfance? Tu te rendras vite compte que ton frère est à côté de nous un simple pion. Je dirais même qu’il est comme un enfant de chœur à côté d’un prêtre. J’espère que je n’ai pas blessé tes sentiments religieux. Qu’est-ce qu’il a dit?
– Caporal-chef c’est sur votre responsabilité…
– Vous le dites d’une manière à ne pas blesser les oreilles de vos collègues. Sans vulgarités, compris?
– A vos ordres caporal-chef, il retint son souffle afin de gagner un peu de temps et de mettre en ordre son propos, Il a dit que dans son unité il suffit d’un putain de Jastron et la présence de deux débiles comme nous, n’est même pas supportable pour un commandant d’unité frappé à la tête. Et si j’apparaissais dans son unité, il ferait tout pour que je rentre aux civiles plus vite que je ne me déclarerais comme volontaire. Car l’armé d’aujourd’hui c’est de la merde, la syphilis et la réserve de vieux champignons, il voulait continuer mais s’est arrêté au signe du caporal-chef.
– Votre frère, contrairement à vous, est un homme intelligent, déclare calmement le caporal-chef, malgré ou peut être parce qu’il est le caporal-chef il sait de quoi s’agit-il dans l’armée, il indique avec sa main la place de manœuvres, Vous voyez cette place?
– Oui caporal-chef, un tour? demande par conjecture le soldat.
– Un seul? s’étonne le caporal-chef avec un sourire, Jastron vous valez plus que ça !
– Deux? demande Jastron avec l’espoir dans la voix.
– C’est juste un kilomètre donc au moins cinq. Il regarde les autres recrues qui ne se tenaient plus dans la position de garde-à-vous. Je ne me rappelle pas donner l’ordre „repos”, dit-il en les regardant sévèrement. Le soldat ne fait rien sans ordre et pour que cette règle vous rentre dans les veines et pour que le soldat Jastron ne s’ennuie pas, les autres vont l’accompagner pendant quatre tours et il fera le dernier, à temps, tout seul, décide-t-il, on verra s’il est bon.
– Caporal-chef, pitié, dit quelqu’un du deuxième rang tout doucement, c’est notre premier jour dans l’armée.
– Sois content connard, que vous n’avez pas tout l’équipement avec vous, annonce brièvement Lenczyk se mettant de dos et donnant l’ordre aux caporaux.
– Trente kilos d’équipement supplémentaire ne vous plairait sûrement pas, mais je vous promets qu’un jour viendra et vous sentiriez combien pèse-t-il après une journée de service. Maintenant, les habitudes ont changé dans l’armée, les voitures, les motos. Ils viennent, emmènent, déposent, donnent à manger. Ils ne vous essuient pas seulement les fesses. La modernité, purée !
Comme si pour résumer cette discussion et prouver que l’armée est prête à la modernité, le téléphone portable sonne dans la poche du caporal-chef qui sans faire attention aux autres, vérifie qui téléphonait et remet son portable dans sa poche.
– Je vais voir le chef, résume-t-il en montrant le téléphone pour s’excuser. Autrefois, ils auraient envoyé un officier de service et maintenant ils envoient un SMS sur le téléphone privé ! Ce n’est pas étonnant que l’armée s’ennuie et fait des conneries !
– Alors, messieurs les recrues, il est temps de s’entraîner ! Un tour comme vous êtes. Ensuite, vous avez deux minutes, pour vous changer et les suivants dans la tenue de l’entraînement. Quelqu’un sait de quoi se compose la tenue d’entraînement, demande-t-il en ne s’attendant pas à la réponse, Soldat Jastron, si tu es si intelligent tu peux nous éclaircir?
– A vos ordres caporal-chef, les baskets, le treillis et le PSC.
– Quoi? il s’étonne en entendant une réponse correcte. C’est quoi en dernier? Développez cette abréviation pour vos collègues.
– Le pantalon sportif de combat.
Les recrues rirent tout doucement et bousculées par les caporaux partent pour exécuter leur premier devoir dans l’armée.
Le caporal rentre au bureau de la compagnie quand quelque chose le pousse à se retourner. Il s’arrête devant la porte et regarde les nouvelles recrues s’exerçant sur la place. Il n’est pas surpris de voir les caporaux en groupe en train de fumer au lieu de surveiller les recrues. Les caporaux voient parfaitement la place de l’endroit où ils sont et peuvent intervenir à tout moment mais selon le règlement ils devaient courir à côté des recrues. Ainsi, certains ne grandiront jamais assez pour jouer leur rôle, de même ceux qui cherchent toujours à mijoter quelque chose même si rien ne les en oblige. C’est tout simplement, plus fort qu’eux, cette habitude tétée avec le lait de la mère. Une sorte de programme dans la tête: ne pas travailler plus qu’il faut et gérer l’argent pour qu’il reste pour une bouteille d’alcool le lendemain. Il l’appelle le syndrome du petit soulard même s’ils ne sont pas des soulards mais tout simplement ils sont d’accord avec la règle: moins de travail, plus d’avantage pour soi. Il s’est promis de travailler plus tard avec les caporaux pour leur rappeler à quoi ressemblera un service impeccable, car le fait de partir ne le dispensait pas d’exécuter son travail. En tout cas, pas dans son peloton car le caporal reviendra après la mission et il souhaite une armée et non une bande de minots gâtés. Il jette encore un coup d’œil sur les recrues et comme il s’en doute Jastron et Krawczuk sont en avant en donnant un tempo assez rapide. Derrière eux, quelques uns qui tiennent le rythme et ensuite un grand trou et plus loin un long espace, qui s’intéresse à tout sauf à ce qu’ils étaient en train de faire en ce moment. Tout à la fin, plus en train de marcher que de courir, deux recrues, les plus gros parmi les soldats, essayant d’accourir aux autres pour ne pas trop traîner derrière. Bref, la même chose que d’habitude : préparation zéro pour le service militaire. Les ministres racontent des foutaises sur l’éducation patriotique au lieu de donner de l’argent pour la préparation physique des futures recrues. L’armée n’était jamais pour eux aussi médiatique que le fait de passer de la pommade. „La politique est une merde” déclare-t-il dans ses pensées en franchissant les marches d’escaliers. Le plus drôle, dans tout ça, était que les personnes qui n’étaient jamais dans l’armée en parlent le plus. La lecture de quelques livres sur la guerre et font semblant d’avoir des idées significatives pour changer quelque chose dans l’armée mais les autres ne les laissent pas faire. L’ancien ministre essayait avant tout d’être un fonctionnaire médiatique plus que professionnel mais ce n’est plus son problème.
Par habitude, il traverse le salon et entre sans frapper au cabinet occupé par le chef d’unité ignorant les gestes désespérés d’un de ses subordonnés. Encore une fois, il reconnait qu’il doit enfin apprendre à frapper. Sergent-chef Pawel Zdenkiewicz mettait fiévreusement quelque chose sous le bureau, surpris, par son entrée soudaine. Ce qu’il cachait, avec effort, ressemblait à un magazine „Playboy”. Le caporal attend jusqu’à ce que le chef cache la preuve du crime dans le tiroir du bureau, en faisant semblant qu’il ne voyait rien de bizarre, que Zdenkiewicz dans les heures du travail a du temps pour lire des magazines. Chacun peut dire : „Ce n’est pas un problème de cacher un journal dans le tiroir du bureau”. Surement, il aurait raison mais, quand on a quarante, cinquante kilos de surpoids avec cent soixante dix centimètres de taille et une chambre dans laquelle on travaille n’est pas un salon dans une chic villa mais ressemble plutôt à un garde-manger dans une maison oubliée du jardinier, cela devient un problème. Il faut seulement voir la façon dont le sergent s’enfonce dans le fauteuil derrière le bureau. C’est suffisant pour qu’il ne se relève plus. Un jour, on voulait lui faire un cadeau et changer le fauteuil pour un autre, plus grand, mais il s’était avéré qu’il devrait renoncer soit au bureau soit à l’armoire avec les documents et pour cela le sergent n’était pas d’accord. De même, quand il a rejeté la proposition de changer de bureau pour un autre plus spacieux parce que ceci l’obligerait à se déplacer dans les couloirs. Il était impossible de transporter là-bas tout son cabinet sur lequel il veillait scrupuleusement et attentivement.
Les gens associent l’armée avec un groupe d’hommes sportifs et minces, prêts à tout moment à l’action ainsi que préparés au travail dur et productif effectué très souvent dans des conditions extrêmes. Enfin, qui pour les compatriotes et la patrie sont prêts à beaucoup de sacrifices et de peines. Ils ont absolument raison car c’est une image publique du soldat. Un modèle du soldat a une silhouette mince et sportive. Ces imaginations meurent extrêmement vite si quelqu’un croise sur sa route, par exemple, un tel sergent Zdenkiewicz. Avec certaines raisons génétiques qu’ici ne sont pas importantes depuis plus de dix ans la silhouette de sergent-chef subit un changement capital. Certains l’appellent : la silhouette piriforme.
Dans la signification courante, la silhouette du sergent ressemble à une poire. Disons, encore plus simplement, il a les fesses plus grandes qu’une armoire à quatre portes pendant que le reste du corps ne s’écarte pas de la norme. Quand, il est assis au bureau, caché partiellement dernier l’ordinateur, personne ne peut supposer qu’il y a quelque chose d’anormal avec sa capacité du combat. Par contre, si quelqu’un croise le sergent en train de se promener dans les couloirs de l’unité c’est tout à fait différent. Il reste un secret de polichinelle, de quelle façon, le sergent passe tous les tests de condition physique obligatoires dans l’armée. A vrai dire, personne ne se rappelle si ci-dessus était au cours de dix dernières années au champ de tirs sans parler de la piscine mais il y en avait qui voudraient voir ça. Cependant, il passe tous les tests avec la mention « bien » et chacun qui a une petite gouttelette d’huile dans la tête n’essaie pas de nier ces résultats même si, lui-même, a une mention « passable » et que le commandant d’unité l’a privé d’une augmentation. Il y a pourtant des choses, qui compensent ses manques physiques et font en sorte que les responsables ne veulent pas voir les imperfections de son corps. Il faut avouer que le sergent Zdenkiewicz s’occupe, lui-même, pour que personne ne le voie dans toute sa splendeur. Il avait pour cela un moyen de vérifié et simple. Il apparait dans l’unité avant tout le monde et se dérobe dans « son royaume ». Il a très vite prouvé que sans lui tout le système fonctionnant tomberait comme un château de cartes. Il sait sans regarder sur l’ordinateur où et dans quelle chemise se trouvent des données dont le responsable a besoin. Ce sergent n’a jamais foiré aucun rapport. Il finit le travail et part quand il n’y a plus personne dans l’unité. Il possède encore une qualité supplémentaire : il connait tous les sous-officiers importants dans l’armée. Il est apte à avoir les informations plus vite que les services spécialisés d’espionnage. Il sait toujours en avance qui et quel jour viendra pour le contrôle dans l’unité, quel individu et quand recevra une promotion ou le transfert. Le sergent est capable de régler toute affaire au téléphone dont quiconque a besoin. On dit qu’il connait tous et se tutoie avec tout le monde même si seulement deux pourcent de personnes l’ont vu personnellement. Le sergent-chef a un bon moyen de prolonger de bonnes connaissances et c’est eux qui font en sorte de se trouver sur sa liste et pas le sergent-chef. Chacun, sur cette liste, reçoit une fois par an un – à l’occasion d’anniversaire- un colis, livraison, avec une vraie rareté, dont on se rappelle très longtemps après l’avoir….bu. Les liqueurs qu’il prépare, avec passion, à la maison, bien sûr après le service, est le meilleur cadeau pour quelqu’un qui fête quoi que ce soit. Les légendes, sur les ressources de sa cave à vin, sont connues publiquement mais peu de gens de l’unité puissent se vanter de franchir le seuil de ce sésame. Le sergent-chef ne reçoit pas chez lui n’importe qui. Le visiteur doit se fatiguer avant de recevoir une date de visite ce qui ne veut pas dire qu’il sortira avec un trésor quelconque de la cave. Même, les responsables du sergent ne sont pas invités et certains d’eux se sont habitués aux sorties inattendues du sergent dans ces moments-là, même si personne ne connaissait la date précise de ces départs. Le plus étonnant, est que ce sergent Zdenkiewicz, à part des moments pendant lesquels il vérifie le goût de ses produits et il fait ça vraiment avec un dé à coudre miniature et avec un dégout, s’abstient d’alcool et est casanier. D’ailleurs, il n’est pas obligé de sortir car l’armée assure tout dont il a besoin. En plus, il n’a pas de chance avec les femmes donc il les a laissé tomber depuis longtemps. Mais, cela ne veut pas dire qu’il se satisfait lui-même ou change d’intérêts sur l’autre sexe. Une fois par moi, une certaine dame lui rend visite, pas nécessairement de l’agence… Ceci lui suffit et en même temps ne pèse pas sur sa disponibilité pendant le service. Bien sûr, certaines personnes ont quelques privilèges et même s’elles ne sont pas nombreuses le caporal-chef appartient au cercle des ces privilégiés.
– Tu rentres comme dans une porcherie, réprimande-t-il le caporal-chef en fermant le tiroir avec son ventre. Chez toi, à la maison, il n’y a pas de porte ou tu la ferme avec de la paille?
– Je m’excuse chef, le caporal-chef lève les mains en donnant l’impression de s’excuser mais il ne comptait pas sortir, J’étais pensif, c’est pour ça…
– Tu étais pensif, dans un instant tu me vas me dire que tu pensais, le sergent rit doucement en le regardant dans les yeux, depuis quand sais-tu penser? Je crois que ce privilège appartient au grade de sergent et plus. Je peux parier que tu vends cette version aux recrues en ce moment ?
– On ne peut rien vous cacher chef, le caporal-chef s’assied avec difficulté sur une petite chaise près du bureau. Cette chaise n’était pas là sans raison. Etant tellement inconfortable et de surcroît sans appuie si quelqu’un voulait rester plus longtemps, dans cette pièce, il en abandonnait l’idée aussitôt. L’individu réglait ses affaires au plus vite et disparaissait dans les abîmes du couloir…
– Cette foi-ci, j’ai apporté un certain changement, il attend jusqu’à ce que le sergent exprime l’intérêt, avec le mouvement de sourcils. A vrai dire, seuls les caporaux-chefs réfléchissent et les sergents sont une minorité des officiers ratés, la réflexion n’est pas pour eux. En tout cas, ils en profitent rarement.
– Tu m’as fait rire…dit sérieusement sergent Zdenkiewicz déformant son visage avec une grimace. Maintenant, tu comprends pourquoi les gars comme vous sont des éternels caporaux-chefs et les gars comme moi, il se désigne avec la main, des sergents-chefs.
– Mais également éternels, répond méchamment le caporal-chef, en souriant, sans faire attention sur la grimace sévère du responsable.
– Absolument mais de leur propre choix, il sourit pour la première fois. On ne te proposera pas la promotion encore longtemps. Après cette affaire en Serbie, ils ont oublié tes mérites et moi pendant ce temps là j’ai eu, déjà trois propositions pour une promotion au grade d’adjudant.
– Je ne le comprends pas. Le caporal-chef pose son coude sur le bureau et regarde le sergent droit dans les yeux, Pourquoi n’as-tu pas profité de cette occasion chef? L’adjudant signifie : le salaire plus grand, la rétribution plus grande, la retraite plus grande, énumère-t-il. C’est presque un officier.
Le sergent au lieu de répondre regarde sa pièce, lève les mains dans un geste d’impuissance et de nouveau oriente son attention sur caporal-chef.
– Que va-il se passer avec ça? Personne, sauf mon humble personne, n’est en mesure de maîtriser tout cela. Il est bien de savoir où est notre place et ne pas rêver de salons. Je suis un simple sergent et j’espère que j’exerce bien mon travail. On me respecte donc je ne vois pas de raison pour me forcer à une promotion. Etre officier et traîner dans l’état-major, surtout avec ma silhouette? rie-t-il d’une voix rauque. C’est le meilleur moyen pour atteindre une retraite précaire et moi je ne suis pas pressé. Personne ne m’attend à la maison. J’ai vécu ici le communisme en tant que sergent alors je survivrai pendant la démocratie.
Ils rirent ensemble et se sont regardé avec sympathie.
– Comme j’ai dit, poursuivit le sergent, un simple homme n’a pas besoin de grande chose pour vivre. Je peux énumérer tous les ministres de la défense, quinze commandants de notre unité un par un, une multitude de commissaires politiques qui se sont présentés sur les prie-Dieu de l’église, ils y étaient tous! Moi, je suis toujours là en tant que sergent modeste. De qui de nous l’armée a le plus besoin? D’eux ou de moi? demande-t-il. Tu crois que je resterais ici s’ils avaient trouvé quelqu’un d’autre qui soit bête sur ce poste? Moi, je sais une chose, sans un sous-officier de la logistique toute cette grande et moderne armée n’a rien à chercher. Quand on manque de savon, d’essence, de bouffe, d’électricité, toute cette moderne armée est seulement une bande de racaille venue de nulle part qui au mieux peut se jeter des pierres. Ici, désigne-t-il avec sa main les étagères pleines de dossiers, et dans l’autre pièce, il y a le sang de l’armée grâce auquel elle vit. Un idiot dira que ce ne sont que des papiers et des chiffres mais sans ces papiers, ces chiffres, aucun de ces grands soldats n’aurait pas de pantalon sur les fesses. Il serait toujours vêtu de cuir et frapperait avec une massue.
– Tu devrais d’abord lui en procurer une, rie le caporal-chef. Tu veux être général des papiers et des chiffres, c’est ton choix. Je préfère la carabine à la main.
– Parce que tu es encore jeune et bête. Et en ce qui concerne les généraux, si tu me donnes un exemple de quelqu’un qui puisse s’occuper de tout ce bazar je vais embrasser toute la semaine tes fesses devant la compagnie. Ces généraux sont forts dans les salons assis sur leurs culs mais pas ici, il tapa sa main sur son bureau, ici, il faut travailler avec la tête non seulement quand c’est calme mais aussi quand les missiles te volent au dessus de la tête. Pourtant, je connais certains qui préfèrent les missiles qu’un bureau rempli de papiers, mais ce sont les exceptions parmi toute cette clique de paons et de faisans.
– Je ne vous imagine pas sous l’attaque des missiles, rie le caporal-chef d’une voix rauque regardant toute même s’il n’a pas blessé le sergent avec ce propos. Il se calme voyant que son visage s’illumine.
– Moi non plus, le sergent glousse content. Peu importe la façon, dont je serais couché parce que mon cul restera toujours un demi-mètre au-dessus de la surface de la terre mais en attendant ils n’ont pas encore prévu un énorme couvercle en métal pour couvrir une partie du corps la plus importante ! D’ailleurs, avec un tel diamètre, ils produisent seulement des chars, rie-t-il de plus en plus fort, c’est sur, j’en garderai des traces et on serait obligé d’appeler tout le peloton de toubibs qui me transportera à un point médical. Ce peloton aura commandé le PADET- poste autonome de dépannage de l’équipement de transport. Et après peut-être cela sera réglé. Tu vois que je suis complètement inutile sur le champ de bataille ou peut-être… son visage s’éclaircit avec une nouvelle idée. Par miracle, vous me brancheriez au gicleur du lance-flamme sauf si l’utilisation du gaz toxique est interdit par la convention ou d’autres conneries, il est si content que les larmes de joie ont apparu sur son visage. Seulement, dans notre armée, avant qu’on me laisse pour l’utilité du combat, il aspirait l’air avec difficulté entre les attaques du coassement, ils devront m’essayer sur le polygone, ensuite, pratiquer des examens organoleptiques, fixer le règlement d’emploi, vérifier la liste des fonctionnaires qui pourraient disposer d’une nouvelle arme, demander au médecin le certificat d’aptitude, la période d’utilisation et fixer les règles de conservation pendant la paix. Il souligne chaque point en soulevant les doits.
– Enfin, le plus dur…me transférer du registre des ressources au registre des armes de destruction massive. La construction des équipements de défense et de protection pour mon précieux cul, il avalait de travers à cause du rire, J’ai oublié l’accord de l’ordinariat pour l’utilisation d’une arme si diabolique et antichrétienne : peu de chances…
Un caporal inquiet apparait à la porte, parce que le coassement du sergent était au moins étrange et suspect car il avait le courage de le faire. Il regarde avec attention son chef, ensuite le caporal-chef, hausse les épaules impuissant, sourit en s’excusant et sort de la pièce.
– Tu vois avec qui je dois travailler? demande le sergent en s’abstenant avec difficulté d’un autre fou rire. Le caporal, avec deux galons, vérifie pourquoi le sergent-chef rigole. Subitement, il se met en colère et attrape son ventre. Espèce de fils de pute ! Il doit faire son travail et ne pas fourrer son nez dans les affaires des autres !
– Calmez-vous chef, le caporal-chef fait le tour du bureau et se penche vers le sergent blotti. Puis-je vous aider?
– Là… le sergent désigne avec difficulté son manteau accroché au porte manteau à côté de la porte, dans mon manteau il y a des cachets, donne-moi en deux.
Lenczyk observe avec de l’inquiétude comment le sergent avale le médicament, en sirotant de l’eau de la bouteille et pendant un instant, avec la grimace sur la bouche, cache le visage dans ses mains. Il est clair qu’il souffre et que ce n’est pas du cinéma pour provoquer la sympathie ou ce genre de choses. Le caporal-chef, étonné, admet qu’il aime bien cet homme difforme qui autrefois provoquait chez lui le sourire de compassion et de sarcasme. C’est avec le temps qu’il s’était rendu compte de son professionnalisme et de sa nécessité sur ce poste. Surpris, il remarque également que tous ceux qui veulent régler une affaire ou préparer quelque chose se contactent en premier avec le sergent. Ceci concerne non seulement les sous-officiers mais aussi une partie considérable des officiers qui de telles affaires réglaient par téléphone afin de faire semblant de ne rien savoir sur les défauts du sergent. En cas des problèmes, ils peuvent toujours dire qu’ils ne remarquent aucun symptôme d’absence de condition physique – selon les règles du vocabulaire militaire. La règle est simple et claire pour tous -si le sergent Zdenkiewicz aide quelqu’un, il faut le récompenser avec une bouteille d’alcool qu’il transformera ensuite en liqueur délicieuse. C’est sa passion et son monde à part entier qu’il aime. Ce qu’il arrive ensuite avec ce trésor fermé dans les bouteilles en verre est pour tous un doux mystère car comme j’ai déjà dit il a horreur des soulards. Aucun d’eux, même un proche responsable, n’a pas traversé le seuil de son appartement. A part les liqueurs, il vit à travers l’armée, exactement pour tout ce qui se passe dans l’unité et se passe comme il faut. A la fin, il n’y a pas de secrets pour personne, que toute la logistique de l’unité passe par le département dans lequel commande le sergent. Le département qui travaille dans le bâtiment du commandement simule seulement son travail ou sert à transmettre de différentes instructions, des rapports, des commandes et des plans élaborés. C’est avantageux pour les deux parties. Les uns se montrent professionnels et le sergent travaille tranquillement sur ce qu’il connait et aime.
– Qu’est-ce que tu regardes? le sergent le regarde ouvertement avec de la colère ou peut-être il a plus de honte que de colère que quelqu’un a connu le secret qu’il n’a pas réussi à cacher devant son invité.
– J’ai tué ta mère ou quoi?
– Sorry chef, le caporal-chef impuissant lève ses mains en l’air en exprimant son embarras.
– Ce sont des ulcères à l’estomac? demande-t-il.
Tout d’abord il a l’impression que le chef veut nier mais, un instant, après il approuve avec le mouvement de sa tête.
– Comme ça, le sergent montre la poignée serrée comme s’il voulait montrer leur taille, et ça fait mal comme s’il quelqu’un a jeté là dedans quelques morceaux de charbon brûlant.
Il se masse le ventre délicatement en regardant le caporal-chef pensif, Si tu dis à quelqu’un ce que t’as vu je vais t’enculer à jamais, dit-il lentement en le regardant droit dans les yeux. Tu sais que je suis capable de le faire donc boucles-là.
– Vous voulez m’insulter? demande le caporal-chef surpris. Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu, je n’étais même pas là, il hausse ses épaules en montrant son mécontentement vis-à-vis de l’attitude du sergent. Je suis dans l’unité depuis longtemps et je remets à leurs places les cabots qui croient que si je pars de l’unité ils peuvent régner à leur façon. Ce qui s’est passé ici reste entre nous deux.
– Je t’aime comme ça, le sergent commence à feuilleter les papiers sur son bureau en cachant son embarras. Une fois, j’ai pensé que tu serais mon successeur, il remarque le regard surpris de Lenczyk et sourit largement. Oui, j’y ai pensé mais tu es un gros calibre, trop jeune, trop impulsif et tu attires des problèmes. Tu es comme le paratonnerre sur le toit qui attire les orages et ici, désigne le bureau, cette compétence n’est pas nécessaire. Tu dois être calme, prévoyant et méthodique.
Le ton de sa voix ne lui va pas et fait en sorte que Lenczyk se sente comme un meuble inutile dans cette pièce qui d’un moment à l’autre peut entendre quelque chose avec quoi il lui serait difficile de vivre. Il n’aime pas ces situations ou peut-être elles le dépassent. Puis, il a ses propres problèmes et ne veut pas assumer ceux des autres. Même de ceux qu’il aime bien.
– C’est une appréciation de soi-même ou une carte à l’occasion de la fête de l’armée?
– Plutôt un nécrologue… répond le sergent et rapidement, mais d’une façon artificielle, se relance dernier son bureau ce qu’il a souligné par le rangement des papiers, mais revenons à notre conversation. De quoi parlais-je? Ah oui! Je dois encore déposer des papiers pour me requalifier pour l’armée chimique et ceci mettra entièrement notre budget en faillite. Ça doit être drôle mais n’amuse plus personne.
Ils se sont rendu compte de se trouver dans une situation tendue et maladroite.
– Bien, le sergent ouvre les dossiers et se concentre sur le caporal-chef. D’abord, les affaires officielles et ensuite les bourdes, qu’est qu’il y a avec les nouveaux?
– Comme d’habitude, WKU a fait son devoir et ils nous ont envoyé leur viande, il s’assied sur le tabouret, Merde et marmelade.
– Qui veut dire? poursuit le sergent, combien de cette trentaine est à utiliser?
Le caporal-chef sort son agenda de la poche de laquelle dépassent les lunettes de soleil. Sans se presser, il commence à le feuilleter ce qui provoque l’irritabilité du sergent-chef.
– Parles, Zdenkiewicz s’impatiente-t-il, sinon je te mets en garde à vu et on parlera autrement! menace-t-il.
– Du calme chef, j’ai dû vérifier les données. Alors…il se tait un instant. Je suspecte le pied plat chez deux, une dizaine ne sait pas marcher correctement, ces deux marchent comme si, il cherche une définition: chez les amateurs de chevaux on l’appelle la marche à pas mesurés donc la jambe droite, la main droite et la jambe gauche, la main gauche…
– Je sais ce que c’est. Je viens du village même si ça ne se voit pas, le sergent l’interrompe sèchement, un bon caporal les dressera dans deux jours. Et les autres?
– Si j’ai bien vu il en y a six avec „les tatouages”, il regarde le sergent curieux s’il doit expliquer qu’il s’agit de condamnés mais remarque le mouvement de tête du sergent qu’il savait de quoi s’agit-il. Pour certains, cela peut être du cinéma ou le signe d’appartenance à un groupe. Il y a trois costauds chargés de drogues, énumère-il en remarquant que sergent marque quelque chose sur une feuille, Il en y a un à qui il faut faire une prise du sang car il a l’air drogué, ses yeux brillent comme les couilles d’un chien, explique-t-il en vitesse remarquant le regard stupéfait du sergent, il est un peu distrait, je ne lui donne pas une armée dans la main.
– D’après ce que tu dis, en résumé, sur trente gars, un tires c’est du rejet. La commission de nouveau ne s’est pas fait remarquée, dit-il, calmement, comme si de rien n’était.
– Et je ne comprends pas. Pourquoi dans ce cas-là la commission…
– Cool, interrompe au caporal-chef prouvant qu’il suivait les nouvelles tendances linguistiques. Tu t’attendais à quoi? Que tu obtiennes cent pourcent de trie solide? Oublies! La commission a un plan à réaliser et seulement cela l’intéresse. Si elle ne le fait pas, la commission prouve qu’elle n’est pas faite pour ce travail. Ensuite, elle entraîne quelqu’un d’un grade plus élevé qui leur réglera les comptes et chassera à la garnison verte où les chiens aboient avec leurs culs. Alors, selon le règlement en vigueur, dans l’esprit du devoir comblé, la commission doit réaliser le plan. Et quand toi, tu reçois des gens et que tu les envoies ensuite chez eux, c’est ton problème. Ils ont dans des documents, il lui agite le fichier devant le nez, et avant tout, ils ont dans des rapports: il y a eu quatre vingt dix neuf pourcent de recrues qui ont postulé. Parmi eux, vingt pourcent ont reçu un ajournement, cinq pourcent a été évalué inapte pour le service. Le reste a reçu la convocation et un billet pour l’armée. Par conséquent, la commission chargée de devoir a réalisé la tâche confiée. Elle a envoyé un nombre donné de recrues à l’armée en tenant compte et précisant les besoins de chaque armée conformément à la disposition et le plan qui leur étaient présenté par un général important d’un échelon bidon de gestion centrale des affaires inutiles. Et voilà! Tout le mystère car si le général leur avait demandé d’envoyer à l’armée cette année mille cent recrues, ils doivent le faire indépendamment de ce que les soldats sont et dans quelle condition physique sont-ils. L’armée éduque, l’armée apprend, l’armée conduit les méchants cons à devenir des hommes biens, rie-t-il d’une voix rauque et prend la bouteille d’eau. WKU est couvert parce qu’ils ont bien fait leur devoir et ils le prouveront dans les rapports. C’est nous dans l’unité qui sont méchants parce qu’on revoie un certain nombre de recrues à l’hôpital ou aux civils.
– Mais non… Le caporal-chef avait pourtant des doutes. Selon le règlement nous ne pouvons pas recevoir n’importe qui. Le règlement dit que, par exemple, les condamnés…
– Le règlement, le règlement, taquine le sergent mais il est évident que l’explication lui donne de la satisfaction.
– Je me souviens d’une loi où était mentionné combien de recrues devait-on recevoir après l’école professionnelle, combien avec le bac. Les condamnés n’avaient pas d’entrée dans l’armée. Maintenant, WKU peut envoyer dans l’armée cinq pourcent de recrues ayant des problèmes avec la loi mais personne ne le vérifie sérieusement. Particulièrement, là où il y a le chômage élevé ou les recrues viennent d’une région de négligence sociale, rie-t-il. Si la commission faisait attention à ça, personne de Prague de Varsovie ne se trouverait dans l’armé ou d’autres quartiers dans les environs des grandes villes ou dans les anciens bâtiments d’exploitations communistes. Mais, je dois admettre que lorsqu’il y a quelque chose qui va mal, je préfère avoir à mes côtés les gars de ces quartiers que les «pseudos intellectuels» de bons quartiers. Si on les remet à leur place, on les tient court, beaucoup d’entre eux sont bien. Mais revenons au cœur de l’affaire. Tu n’as vu personne pour la crèche?
– J’ai quelque chose mais, c’est encore une de ces fleurs de WKU. Vous ne devineriez pas qui nous ont-ils envoyé. Le sergent réfléchit un instant et hausse impuissant les épaules.
– Si tu l’as laissé pour la fin ça doit être la cata totale. On a déjà eu un boiteux donc ce n’est pas ça, puis deux pédés, intéressés autrement, corrige-t-il aussitôt, qu’est-ce que ça peut-être? Un enfant de l’âne, pardon d’un député? Il manque que ça

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